Abstract
<jats:p>Sommes-nous à l’aube d’un bouleversement civilisationnel majeur, annonciateur d’une nouvelle trajectoire de l’Histoire ? Ces moments critiques, où l’ordre établi vacille et laisse place à de nouvelles formes sociales, institutionnelles ou religieuses, sont qualifiés de « phases de transition culturelle » en ceci qu’ils marquent, dans l’histoire des sociétés humaines, des transformations profondes et souvent imprévisibles entre des périodes de relative stabilité. C’est également en cela qu’ils offrent un terrain d’observation privilégié pour les sciences sociales car ils brouillent les frontières entre la fin d’une ère et l’émergence d’une autre, tout en mettant au jour des comportements révélateurs dont l’étude requiert une approche à la fois méthodologique et théorique rigoureuse. Elles offrent, en ce sens, un terrain fertile pour comprendre les mécanismes de résilience et d’innovation des sociétés face aux crises. Paradoxalement, les nouvelles formes sociales tendent à émerger de ces périodes ambiguës et tumultueuses qui révèlent comment les civilisations parviennent, parfois, à se réinventer pour survivre et prospérer. Ces réflexions soulèvent des questions fondamentales : comment les sociétés réagissent-elles aux grands changements ? Quels mécanismes leur permettent de se restructurer sur de nouvelles bases après une crise ? Ces interrogations appellent une approche interdisciplinaire mobilisant l’archéologie, l’anthropologie, la linguistique historique et l’histoire des religions.</jats:p>