Abstract
<jats:p>Ce rapport dresse un portrait détaillé de la formation universitaire en sciences économiques au Québec à partir de données administratives couvrant les dernières décennies et d’entrevues menées auprès de responsables de programmes et d’employeurs. Au baccalauréat, la croissance des effectifs observée depuis les années 2000 est concentrée dans les universités anglophones. Dans le réseau francophone, le nombre de citoyens canadiens inscrits diminue à long terme. À la maîtrise, la situation est plus préoccupante : les effectifs reculent depuis le milieu des années 2000, particulièrement dans les établissements francophones, et la stabilité récente repose largement sur les étudiants étrangers. Les programmes d’économie deviennent ainsi de plus en plus dépendants des résidents temporaires, tandis que le bassin local s’érode. Un consensus clair se dégage des entrevues quant à plusieurs fragilités propres aux programmes. Les répondants soulignent un affaiblissement perçu de la préparation méthodologique, une hétérogénéité accrue des compétences en mathématiques et en statistiques, ainsi qu’un décalage entre les attentes des étudiants et les exigences réelles de la formation. On perçoit également une méconnaissance persistante de la discipline, souvent confondue avec les sciences de la gestion. L’enjeu apparaît ainsi moins lié aux débouchés qu’à l’attractivité et à la compréhension même des sciences économiques. Afin de renforcer la reconnaissance et la visibilité de la profession, la mise en place d’une instance permanente de coordination et de reconnaissance du titre d’économiste apparaît comme une solution structurante et cohérente avec les constats du rapport. Cette instance, qui pourrait prendre la forme d’un ordre professionnel ou d’un organisme doté d’un mandat formel de protection du titre et de représentation collective, constituerait un levier institutionnel pour clarifier les compétences associées à la pratique, valoriser l’expertise des diplômés, accroître la lisibilité des parcours professionnels et soutenir durablement l’attractivité et la stabilité de la formation en sciences économiques au Québec.</jats:p>