Abstract
<jats:p>Ce chapitre examine l’évolution des marchés de la dette souveraine dans les pays émergents et les pays en développement dans un contexte de hausse de l’endettement, d’accentuation des vulnérabilités aux chocs mondiaux et de faible intérêt des investisseurs mondiaux en raison des résultats à la traîne des obligations des pays émergents. Il oppose les grands pays émergents qui, d’une manière générale, réussissent à emprunter davantage en accroissant leurs émissions de titres de dette en monnaie locale pour les investisseurs nationaux, et les autres pays émergents et pays préémergents, qui ont été contraints de recourir à des financements à plus courte échéance obtenus auprès de banques nationales et de la banque centrale, ainsi qu’à de la dette libellée en devises. En cas de chocs, la divergence entre les pays plus résilients et les pays plus vulnérables pourrait s’accentuer. Il ressort d’une nouvelle analyse empirique que les pays disposant de bases d’investisseurs nationaux plus fournies ont mieux résisté aux chocs mondiaux au cours des 15 dernières années. Cependant, un plus grand nombre d’investisseurs nationaux n’est pas toujours une bonne chose. Le chapitre porte aussi sur les risques que pourrait engendrer une dépendance excessive à l’égard d’un groupe restreint d’investisseurs nationaux, d’autant plus si elle est engendrée par la répression financière. Le chapitre conclut sur des recommandations de mesures à adopter pour développer des marchés obligataires en monnaie locale plus forts et plus résilients. L’amélioration des fondamentaux macroéconomiques reste essentielle, mais il est également capital de disposer d’un robuste cadre d’action et de solides systèmes de marchés financiers. Les pouvoirs publics doivent développer l’infrastructure de base des marchés, apporter de la certitude sur le plan juridique et renforcer les pratiques en matière de gestion de la dette souveraine.</jats:p>