Abstract
<jats:p>La vulnérabilité est une notion en vogue, désormais mobilisée par la plupart des sciences humaines et sociales. En droit positif, elle est utilisée aussi bien par les textes que par les juges. Quant aux travaux doctrinaux, ils ont analysé cet emploi essentiellement de façon sectorielle, par champ du droit. Le présent ouvrage s’emploie au contraire à développer une approche transversale et comparative de la notion de vulnérabilité de la personne humaine en droit. Pour cela, une recherche a été conduite sur les décisions rendues par les Cours suprêmes et les Cours constitutionnelles françaises et italiennes, ainsi que par les deux Cours européennes. Les travaux d’autorités administratives indépendantes intervenant dans le domaine des droits fondamentaux ont également été pris en compte. Il ressort de l’analyse que la notion de vulnérabilité est implicitement définie comme l’exposition de la personne vulnérable à un risque de méconnaissance de ses droits fondamentaux. La mise en exergue de cette vulnérabilité vise en principe à mettre au jour des obligations de protection spécifiques à son égard, permettant de conjurer ce risque, et d’assurer l’effectivité de ses droits. Toutefois, cette tendance n’est pas univoque ; des applications plus discutables de la notion doivent être relevées, soit en raison de ses ambivalences propres, soit en raison d’un mésusage par le juge.</jats:p>