Abstract
<jats:p>À l’heure de la crise écologique et des succès des nationalismes identitaires, rien n’est moins évident que l’existence d’une Terre partagée. Si l’on entend par partage, le fait de prendre part de manière collective à une réalité commune ou l’idée d’une distribution juste des parts qui doivent revenir à chacun·e selon ses besoins, le monde contemporain offrirait au contraire le spectacle d’une terre où s’affrontent des classes en luttes, où des peuples opprimés font l’épreuve de la violence coloniale, d’une terre où, en somme, l’affirmation d’un monde commun ressemble davantage à une invocation utopique qu’à une réalité observable. Peut-on défendre un partage plus juste et plus durable du monde sans tomber dans une représentation objectifiante de la Terre comme ressource appropriable, et en articulant les revendications de justice sociale aux exigences environnementales ? Peut-on construire collectivement une compréhension et un imaginaire non-anthropocentrés, décoloniaux, féministes et anti-capitalistes de l’expression « partager la Terre » ? Sur quelles bases élaborer une écologie politique apte à répondre au double défi de partager durablement la Terre, entre humain·e·s et avec les autres qu’humain·e·s, tout en construisant un monde réellement commun ? Pour réfléchir à ces questions, ce recueil réunit les contributions de philosophes et de juristes, qui interrogent le sens d’un partage juste et soutenable de la Terre, et la manière dont les diverses approches du commun, des communs et du monde commun affectent leurs disciplines, déstabilisent ou renouvellent leurs paradigmes.</jats:p>