Abstract
<jats:p>Au cours de l’année 2025, la tendance esquissée à la fin de 2024 se poursuit et s’amplifie : l’Armée birmane reprend l’initiative sur la quasi-totalité des fronts. Cette métamorphose repose sur quatre piliers : une supériorité démographique retrouvée grâce à la conscription obligatoire (et régulièrement forcée) ; le soutien décomplexé de la Chine, qui impose un blocus sévère sur les groupes de résistance et apporte un soutien matériel au régime ; l’adoption massive de nouvelles technologies militaires (drones, paramoteurs, gyrocoptères) ; une réorganisation de l’Armée, de ses chaînes de commandement et de ses capacités interarmes. Sur le plan socio-économique, l’inflation persiste, la pauvreté gagne du terrain. Ces défis sont aggravés par le séisme qui affecte la Birmanie centrale le 28 mars 2025, tuant entre 3 800 et 4 500 personnes, et impactant le tissu économique. Cependant, là aussi, le régime semble être sorti de la spirale qui avait marqué 2023 ou 2024 ; une très relative stabilisation semble se dessiner. Sur la scène politique, l’année est marquée par les élections de décembre 2025-janvier 2026, un processus opaque et faussé, monté de toutes pièces par le régime pour enclencher une nouvelle dynamique politique et un début de normalisation. Sans surprise, les premiers résultats pointent vers un triomphe du Union Solidarity and Development Party (USDP), la façade politique de l’Armée. La normalisation progressive qui se dessine devrait marginaliser encore plus le National Unity Government (NUG), gouvernement de l’ombre, en difficulté croissante depuis cinq ans.</jats:p>