Abstract
<jats:p>En avril 1973, les dockers d’Anvers et de Gand se mettent en grève. Ils dénoncent la faiblesse de leur salaire en période d’inflation et remettent en cause les principes de la convention collective. Les syndicats, défenseurs des logiques de programmation sociale, refusent de reconnaître le conflit. Cet article analyse les pratiques de transgression de la discipline syndicale promues par des travailleurs qui, dès lors, font l’objet d’importantes mesures d’entraves et de répression. Dans un contexte où les dockers sont poussés à la mobilisation par plusieurs organisations d’extrême gauche, ce conflit long et violent invite à interroger la signification politique d’une grève durant laquelle les travailleurs ont déployé des initiatives qui sortent du cadre fixé par les autorités politiques, policières et syndicales.</jats:p>