Abstract
<jats:p> Angelo Clareno (v. 1260-1337), figure majeure de la dissidence franciscaine, est surtout connu pour ses lettres et ses <jats:italic>Chroniques</jats:italic> du premier siècle de l’Ordre des Frères Mineurs. Cette part bien étudiée de son œuvre personnelle a éclipsé une autre contribution essentielle : la traduction en latin d’un vaste corpus de textes patristiques et ascétiques grecs jusqu’alors inconnus de l’Occident latin. Cette entreprise, exceptionnelle pour son époque, a connu des fortunes diverses. Le succès le plus spectaculaire concerne la <jats:italic>Scala Paradisi</jats:italic> de Jean Climaque. Transmise par plus d’une centaine de manuscrits latins et rapidement traduite en langues vernaculaires, la version clarénienne a fait de Climaque une autorité reconnue en Occident dès le premier tiers du XIVe siècle. À l’inverse, la Grande Lettre du pseudo-Macaire n’a subsisté que dans un unique manuscrit et n’a semble-t-il rencontré aucun écho. Entre ces deux cas, la <jats:italic>Lettre à Cyriaque</jats:italic> (attribuée alors à Jean Chrysostome) a connu une diffusion moyenne, principalement dans les régions germaniques et slaves. En explorant et retraçant les chemins parcourus par les manuscrits qui renferment les textes traduits par Clareno en Grèce, puis en Italie, l’ouvrage montre que son activité de traducteur fut encore plus vaste qu’on ne le pensait. Outre les vastes corpus de textes de la <jats:italic>Scala</jats:italic> et des <jats:italic>Ascétiques</jats:italic> de Basile, la <jats:italic>Grande Lettre</jats:italic> et les <jats:italic>Cent cinquante chapitres</jats:italic> du pseudo-Macaire, la lettre du pseudo-Chrysostome, il a également traduit des extraits des <jats:italic>Discours</jats:italic> de Grégoire de Nazianze, un florilège de Maxime le Confesseur, la <jats:italic>Lettre à Marcellin</jats:italic> d’Athanase d’Alexandrie et un texte de Grégoire de Nysse. </jats:p>